La médication quotidienne diminue les risques de maladies cardiovasculaire.

avril 7, 2016

Une vaste étude internationale à laquelle ont collaboré deux cardiologues de Québec montre que la prise quotidienne de médicaments contre l’hypertension artérielle et le mauvais cholestérol diminue le risque de maladies cardiovasculaires.

Les résultats de l’étude HOPE-3 ont été présentés, samedi, au congrès de l’American College of Cardiology à Chicago. Cette étude a fait également l’objet de trois articles dans la prestigieuse revue médicale New England Journal of Medicine.

En tout, 12 705 personnes dans 21 pays, dont 140 dans la région de Québec, ont participé à HOPE-3 durant près de six ans. Les participants, des femmes âgées de 65 ans et plus et des hommes de 55 ans et plus, présentaient au moins un facteur de risque.

Les chercheurs incitaient ces personnes à avoir une alimentation saine, à faire de l’activité physique de façon régulière et à ne pas fumer. Une partie du groupe a pris une médication quotidienne visant à abaisser la pression artérielle et/ou le mauvais cholestérol, tandis que le reste des participants a reçu des placebos.

 

La médication pour diminuer la pression artérielle n’a pas réduit de façon significative les maladies cardiovasculaires chez les participants, sauf pour un sous-groupe qui avait une pression élevée.

Par contre, même à faible dose, les médicaments contre le mauvais cholestérol ont réduit de façon marquée les risques de maladies cardiaques. «Considérant qu’il y a plus de 50 millions d’infarctus et d’AVC chaque année dans le monde, une baisse de 1% ou 2%, cela fait une bonne réduction. Si l’on combine les deux médications, l’impact positif est encore plus grand», signale le Dr Gilles R. Dagenais, cardiologue à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) qui a collaboré étroitement à cette étude avec son confrère, le Dr Paul Poirier.

 

Subventionnée par une pharmaceutique

Bien que HOPE-3 ait été financée en partie par la pharmaceutique AstraZeneca, le Dr Dagenais se porte garant de l’indépendance des résultats publiés. «La firme n’a pas mis son nez dans le projet, sauf pour fournir les pilules. Nos travaux ont été soumis à un comité d’éthique. Ce n’est pas une pharmaceutique qui va nous dire quoi faire», certifie le Dr Dagenais.

Concernant la controverse autour la consommation de statines pour abaisser le mauvais cholestérol, le cardiologue estime que le médecin doit exercer son jugement clinique en fonction des facteurs de risque cardiovasculaire chez son patient.

«Ces médicaments ne doivent pas être prescrits à tout le monde, à tour de bras. Ce n’est pas la conduite à suivre. Chez une femme de 65 ans ayant un cholestérol élevé et dont les deux frères ont fait un infarctus, les statines sont indiquées», illustre le Dr Dagenais.

Le plus grand tueur

Les maladies cardiovasculaires sont responsables du plus grand nombre de décès dans le monde, soit près de 18 millions annuellement. «Elles sont maintenant plus élevées dans les pays émergents, comme la Chine, l’Inde et la Malasie. Le feu est pris! Les causes sont multifactorielles, gènes, diète, sédentarité, diabète, hypertension», mentionne le Dr Dagenais.

Ici, on a fait beaucoup de progrès, note-t-il, mais il faut porter les efforts vers les personnes à risque qui présentent peu de symptômes, mais qui vont subir un infarctus ou un accident vasculaire cérébral.

 

Posted in Nouvelles by Fanny Vadeboncoeur