Utiliser les maladies pour vaincre le cancer?

avril 7, 2016

Un peu de VIH ou d’herpès pour traiter votre tumeur? Grâce aux récentes avancées de la recherche, cette question pourrait un jour se poser de plus en plus à des patients atteints du cancer.

En effet, une des voies les plus prometteuses dans la lutte contre la première maladie mortelle au pays se nomme immunothérapie.

Elle a déjà donné des résultats spectaculaires chez des patients atteints d’un cancer très agressif, comme celui de la peau, du foie ou du pancréas, explique Simon Turcotte­­, chirurgien et chercheur au CHUM. «Je pense que ça va révolutionner le traitement de ce genre de cancer», croit-il.

Cache-cache

Dès le début du 20e siècle, les médecins ont remarqué que certains patients arrivaient à se débarrasser­­ de leur tumeur après avoir attrapé un virus. C’est cette mécanique que les chercheurs d’aujourd’hui tentent d’exploiter.

L’immunothérapie repose sur l’idée que les globules blancs, qui ont pour mission des détruire les virus et les envahisseurs extérieurs, pourraient aussi être mis à contribution pour combattre l’ennemi intérieur, soit le cancer.

Or, comme les cellules cancéreuses font à l’origine partie du corps, les globules blancs nommés lymphocytes T peinent à les percevoir comme des ennemies. D’autant plus que le cancer a une panoplie de stratégies pour se cacher d’eux.

Ainsi, les virus comme le rhume et le VIH, qui cherchent à attaquer les cellules humaines saines, possèdent une partie de la clé pour déjouer ces tours de passe-passe. Dans certains traitements, les chercheurs modifient le virus pour lui enlever la partie virulente de son génome. Ils l’utilisent ensuite pour modifier génétiquement les lymphocytes T afin qu’ils s’attaquent au cancer, explique Nathaniel­­ Bouganim, oncologue médical au CUSM.

Effets secondaires

Bien sûr, ce ne sont pas tous les traitements d’immunothérapie qui utilisent des virus. Certains vont plutôt chercher à stimuler l’activité ou la multiplication des lymphocytes T.

Reste qu’aussi prometteuse que soit cette approche, il ne faut pas crier au miracle trop vite. «Je ne pense pas qu’une seule découverte révolutionnera le traitement de tous les cancers. Chaque cancer a ses particularités», précise M. Bouganim.

(source Journal de Montréal)

Posted in Nouvelles by Fanny Vadeboncoeur